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« Et la poésie du lieu m’envahit,
m’oppresse et m’enivre ; je m’en délecte comme d’une
liqueur. Oui, Toulon avec son quai vénitien où le bruit des
moteurs ne parvient point, –avec sa halle pleine d’une odeur
violente de figues et de melons, – ses petites places
ombragées de platanes, – ses longues voies ténébreuses et
parallèles, bercées par le claquement du linge dans le
mistral, – ses conciliabules de bonnes gens assis le soir
sur le pas des portes, – ses cris de marchands corses et
piémontais, – ses horizons de mers et de vaisseaux au bout
des rues, – ses innombrables petits bars où retentissent les
rires des filles, – ses grandes pâtisseries fraîches, – ses
épiceries parfumées, – ses poissonneries bruyantes, et son
dossier de montagnes qui l’enferment et la cachent au monde,
– Toulon est bien à la fois, la cité provençale de la joie
et du repos. Ici elle dort au soleil, là elle danse dans la
lumière. Elle est à chaque jour pour moi ce qu’elle est pour
les marins qui s’y reposent une heure, après un long
voyage : ville d’allégresse et de volupté, ville de paresse
et d’oubli ».
Toulon, « Lettre
dernière »
Après Toulon publié en
2007, Géhess Agence Editoriale (e-mail :
gehess@hotmail.fr) vient de reéditer Bars avec
une excellente préface de notre ami, le poète Patrick
Lorenzini. Il s’agit des premiers poèmes que Vérane a
écrits sur le thème des bars.
" Et
si ce bar est le navire
Qui mène au
Mexique ou au Brésil,
Accorde aux
filles ton sourire,
Mais de ton
rêve suit le fil ".
Bars, « Refuge »
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